Feral & Stray (Erin Lang & The Foundlings) : la science des rêves

VINYL-front-ohne-2030107_250x250

La musique est la langue des émotions dit l’adage. Elle s’écoute, se partage, se joue pour les plus chanceux. Bref, se vit. Elle nous accompagne partout, tout le temps. Et en live, c’est encore mieux.

Un soir de mai. Un soir où le gagnant d’un télé-crochet qualifie le pays pour la coupedu monde au Brésil  finale de l’eurovision. Rendez-vous est fixé au Magick, chouette salle de concerts située à Jambes (!) et dirigée par des passionnés. Un endroit où on aime le métal et les tatouages. Personnellement, on a la peau fragile et les oreilles sensibles, alors on hésite. Mais ce soir, point d’envolées bestiales ni d’amis de la poésie au programme.

Cette fois, c’est différent, planant pour reprendre les termes du maître des lieux. Alors, devant l’insistance de celle qui nous porte dans son cœur, on se surprend à pénétrer dans l’antre du métal et à goûter l’absinthe de la mort, le cocktail local.

Au menu, les canadiens de Ering Lang & The Foundlings -rebaptisés Feral & Stray depuis- proposent (dixit le communiqué de presse) une musique pop orchestrale et onirique, inspirée par la profondeur des ombres, par les chalands traversés d’océans et les récifs urbains illuminés d’éclairs. Ok…

Il y a des rencontres improbables, impromptues. Rares sont les moments de réelles découvertes, ils sont d’autant plus précieux.

Le set nous révèle d’emblée une voix mélodieuse, une personnalité ouverte et gracieuse. Au jeu forcément vain des comparaisons, on citera en vrac Bat for Lashes, Keren Ann, Feist, Goldfrapp-période Felt Mountain… Les morceaux défilent, des bijoux de poèmes pop. Quand Johnny Cash est repris, on se dit que Tarantino a trouvé la bande originale de son prochain film. Même si  cet univers onirique de sombre conte de fées lorgne plutôt du côté de David Lynch.

A la pause, on parle différences culturelles avec David, le bassiste du groupe. Québec/Namur, poutine vs frites carbonnades. Erin, aussi charmante qu’accessible, nous confie que l’album à paraître cet automne a été enregistré dans une église perdue à l’est du Québec. Celle-là même qui a longtemps accueilli nos canadiens préférés après Steve Nash, les très hype Arcade Fire. Le point commun avec le groupe de Win Butler ? Le producteur Mark Lawson.

La voix de Erin Lang, une caresse pour les oreilles et pour l’âme. Carrément ? Oui, carrément.

La voix de Erin Lang, une caresse pour les oreilles et pour l’âme. Carrément ? Oui, carrément.

Arriver au dernier morceau, c’est comme sortir d’un doux rêve. On ne demande qu’à retourner sous les draps pour pouvoir s’y replonger. Un jour d’automne, c’est encore mieux.

On repart heureux d’avoir écouté ce son, privilégié de l’avoir découvert dans un tel cadre intimiste. Un son vulnérable, fragile d’où se dégage une profonde puissance mélancolique. La puissance de la lumière, de l’espoir au bout du tunnel. Ering Lang, c’est un murmure hypnotique, comme une invitation au plus intime des voyages.

Feral & Stray est en tournée à travers l’Europe cet automne en première partie de Agnes Obel, voyage fortement recommandé.

Erin Lang & The Foundlings – Mountain Nights Tour Video from Feral & Stray on Vimeo.

Sur le Web :                                                                             http://feralandstray.com/                                       https://www.facebook.com/feralandstray                                                                               https://twitter.com/FeralAndStray

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.