Keren Ann – Bande originale

Il est l’heure de faire une confidence. Quand j’étais enfant, je n’aimais pas la musique. Plus exactement, je pensais ne pas aimer la musique. La conséquence sans doute de grandir au sein d’une famille aussi peu chaleureuse que mélomane. Habiter un endroit perdu au milieu de nulle part n’étant pas le prélude idéal pour s’ouvrir à la la culture en général. Parce que non, les marches folkloriques de l’Entre Sambre et Meuse ne peuvent être considérées comme culturelles en ces lieux.
Heureusement, sont arrivés dans le désordre MTV, l’adolescence, les potes, les filles, l’alcool… Liste non exhaustive.
Et Laëtitia, mon amoureuse ma correspondante polonaise, cinéphile et fan de La Biographie de Luka Philipsen, premier album de Keren Ann.
Assez vite, la polonaise s’est éclipsée. La musique de Keren Ann est restée. Pour de bon.

Rares sont les artistes dont on suit la carrière depuis le – presque – tout début. Sans que l’on s’en rende forcément compte, leur musique accompagne notre vie. Nos bons, et moins bons, moments. Keren Ann est de ceux-là.
Artiste cosmopolite (elle est franco-israelienne-néerlandaise), la songwriteuse traverse le temps à sa manière unique : sincère, généreuse et insaisissable.

Productrice, compositrice, parolière, guitariste et bien sûr chanteuse, Keren Ann a déjà sept albums solo au compteur. Des collaborations et des souvenirs à foison.

Je fais ce qu’il me plaît à moi et, comme Hemingway, je pars de l’idée qu’on n’est pas tous très différents et que ce qui me touche va toucher les autres. Quand je suis en studio, je ne pense à personne. Juste à ce que je suis en train de faire et à une destination esthétique et artistique.

Keren Ann, ou un plaisir sur scène à chaque fois renouvelé. Notamment lors de sa présence dans le théâtre du beau village de Namur il y a déjà six ans.

Après une longue pause suite à notamment une maternité, elle est de retour en 2016 avec un album d’histoires personnelles… et donc universelles. Avec un titre comme une promesse : You’re gonna get love

Si les morceaux se font plus épurés, les compositions sont toujours aussi élégantes.

Un album apaisé et passionnel à la fois, autant un disque de deuil (du père) que de félicité (la naissance). Le cycle de la vie, encore une fois.

Dans le cadre du festival Les Femmes s’en Mêlent, Keren Ann sera en concert ce 25 mars dans le bel Eden de Charleroi. Il est bien évidemment hors de question de rater ça.

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