Pulsions, un spectacle de Kyan Kojandi

– On va voir du stand-up ce soir?
– J’ai pas envie, je suis malade. Vas-y tout seul.
– Allez quoi, c’est Kyan Kojandi, le mec de Bref, ça va être cool.
En plus, il y aura peut-être Navo en première partie. Tu sais Navo, je t’avais montré  la Bande pas dessinée et fait écouter ses podcasts quand il était venu à Namur  – Pourquoi «peut-être» en première partie?
– Ben il est pas annoncé. Je lui ai demandé s’il venait sur twitter mais ce connard a pas répondu
– Attends, tu parles comme ça d’un mec dont tu es fan juste parce qu’il t’a  pas répondu?
– …
– Tu crois pas qu’il a autre chose à foutre que de répondre à un inconnu sur twitter?
– …
– Ce serait pas plutôt Toi le Roi des connards?

Bref, je suis allé voir le seul en scène de Kyan Khojandi au Trocadero de Liège. En première partie, il y avait son co-auteur Navo et c’était vachement bien.

Petite confidence, peu connaisseur, je n’ai jamais vraiment goûté à l’art du stand-up. Même si j’ai grandi en regardant Seinfeld (et le club Dorothée) et que, parfaitement snob, j’ai évidemment jeté un œil à Louis CK et autres Dan Gagnon stars américaines.
Le stand-up est un genre comique où l’humoriste seul, sans décor, sans accessoires, prend les spectateurs à témoin des histoires qui lui sont arrivées.
Kyan Khojandi parle donc de sa vie. Plus précisement, il a pris des trucs pas toujours marrants qui lui sont arrivés et en a fait un spectacle. Un show en forme d’introspection qui s’appelle «Pulsions». Parce qu’on en a tous. Des plus ou moins avouables. Et qu’on gère plus ou moins bien.

Effectivement, l’authenticité transpire de chaque vanne. Avec humanité, l’artiste livre ses souvenirs, ses regrets, ses espoirs; la petite musique de la vie, comme elle va. Comme elle va pas aussi parfois. Cela ne suffit évidemment pas à faire un bon show. Seulement, quand la qualité d’écriture, la justesse du rythme, la performance et le texte s’ajoutent à cette sincérité, on assiste à quelque chose de fort. Et de très très drôle.
Entre humour potache et sens profond, l’autofiction personnelle en devient universelle.
L’humour, c’est comme la fête foraine le sexe, quand il y a des sentiments, c’est encore mieux.

Ca parle des pulsions de sexe, de bouffe, d’amour, de vengeance. Des pulsions de vie surtout. De sujets graves et moins graves.
Un spectacle écrit avec quatre mains et deux coeurs. Deux artistes pour une vision commune. Une réussite.

Des fois, tu vas voir des des gens, tu crois que c’est les bons gens… et en fait c’est vraiment les bons gens.

Pulsions, ou comment créer des bons souvenirs grâce au trampoling de l’humour. Transformer la tristesse en rire. La merde en richesse. Kyan Kojandi manie l’absurde, la délicatesse, la bienveillance et par dessus-tout la blague. On connaissait Bref, on connaît désormais mieux Kyan Kojandi, le mec de Pulsions, spectacle mortel.

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